Mon Musée imaginaire - Françoise Bonardel

« Il en est de certaines oeuvres d’art comme des quelques êtres dont nous pourrons un jour affirmer qu’ils ont véritablement fait route avec nous dans la vie. Le besoin n’en est que plus fort de se retourner sur une si exceptionnelle fidélité, et de s’interroger sur une constance devenue si coutumière qu’elle en vient à occulter l’éclat d’une présence demeurée pourtant inégalée : pourquoi cette oeuvre-ci plutôt que celle-là ? (…) C’est bien en effet sous le signe de la rencontre qu’il faudrait réapprendre à placer le rapport très privilégié entretenu, tout au long d’une vie, avec les rares oeuvres dont la célébrité ne résonne plus pour nous qu’en termes de complicité et dont l’auteur, si illustre et inatteignable soit-il, est devenu l’un de nos familiers. »
Avant-propos de Triptyque pour Albrecht Dürer- La conversation sacrée.